Communication USPCS – STOP au désengagement de l’Assurance Maladie
L’USPCS dit STOP au désengagement de l’Assurance Maladie pour la santé bucco-dentaire
La parution durant l’été de décrets décidant l’augmentation des plafonds annuels de la participation forfaitaire et de la franchise médicale (+ 40%) et le relèvement du ticket modérateur des soins dentaires, de certains médicaments et dispositifs médicaux et des transports sanitaires est un nouveau coup porté à la protection sociale et à l’accès aux soins pour l’ensemble de la population. L’Union Syndicale des Professionnel·le·s des Centres de Santé (USPCS) s’engage et soutient la mobilisation contre les décrets gouvernementaux prévoyant un nouveau transfert de remboursements vers les complémentaires santé et demande au Gouvernement de renoncer à ces dispositions.
Les soins dentaires, les médicaments et dispositifs médicaux comme les transports sanitaires, dont le ticket modérateur est revu à la hausse d’ici 2027, font partie intégrale de l’accès à une santé globale.
Le relèvement du ticket modérateur sur les soins dentaires, qui ferait passer la prise en charge de l’Assurance Maladie de 60 % à 50 % au 1er janvier 2027, constitue une nouvelle étape du désengagement de la solidarité nationale. C’est le deuxième recul en trois ans, après la baisse de 70 % à 60 % appliquée en octobre 2023.
Alors que les pouvoirs publics affirment vouloir faire de la prévention et de la santé bucco-dentaire des priorités nationales, il est incompréhensible de réduire une nouvelle fois la participation de l’Assurance Maladie au financement des soins.
La santé bucco-dentaire ne doit pas devenir une variable d’ajustement budgétaire.
Les soins dentaires préparent l’avenir des plus jeunes et entretiennent le capital dentaire des plus âgés.
Présentée comme une mesure d’économie, cette réforme ne fait en réalité que déplacer la charge financière vers les complémentaires santé et, in fine, vers les assurés.
Cette logique entraînera inévitablement une hausse des cotisations des complémentaires et pénalisera tous ceux qui ne disposent pas d’une couverture complémentaire.
Cela ne fera qu’entrainer davantage de renoncements aux soins et une aggravation des inégalités d’accès aux soins dentaires.
Les économies budgétaires ne peuvent pas se faire au détriment des patients et d’un risque accru d’inégalités à l’accès aux soins ni se construire sur le recul de la solidarité nationale.
Au-delà de la seule question dentaire, c’est bien notre modèle de protection sociale qui est en jeu. Le transfert progressif du financement des soins vers les complémentaires contribue à une financiarisation croissante de notre système de santé.
Le vote unanime du Conseil de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie contre les décrets constitue un message clair.
L’USPCS appelle le Gouvernement à renoncer à cette mesure, comme à celles concernant les franchises médicales, les transports sanitaires et les médicaments et dispositifs médicaux, et à ouvrir une véritable concertation afin de construire une politique de santé bucco-dentaire cohérente, accessible et préserver la place de la santé bucco-dentaire dans notre système global de santé.
L’USPCS appelle également à la plus grande vigilance sur les orientations de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie 2027.
Le budget du système de santé doit rester dans l’esprit historique de la protection sociale pour toutes et tous.
Dre Marine Combourg et Dr Frédéric Villebrun
Co-Président·es de l’Union Syndicale des Professionnel·le·s des Centres de Santé (USPCS)
presidence@uspcs.fr





