Communiqué: crise du système de santé et virage préventif, les propositions de l’Union Confédérale des Médecins Salariés de France
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L’UCMSF qui représente les médecins salariés non hospitaliers de santé publique, de prévention et des centres de santé a rencontré le 4 octobre dernier Mme Firmin Le Bodo, Ministre déléguée auprès du ministre de la Santé et de la Prévention, chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé.
Lors de cette rencontre, ses représentants ont fait part de leur constat d’un système de santé en pleine tourmente dont témoigne la multiplication d’indicateurs de santé en berne, à l’exemple de l’augmentation de la mortalité néonatale et infantile dans notre pays. Les études émettent l’hypothèse, entre autres, d’un lien avec la dégradation de notre système de prévention notamment celui de la périnatalité et de l’enfance[1].
Aussi, l’UCMSF demande au ministère de prendre en compte les propositions transmises par les professionnels de la santé de santé publique qu’elle représente au moment où le gouvernement fait du virage préventif un axe stratégique de sa politique de santé :
1/ Mettre en œuvre un plan d’urgence pour les services de santé publique, services de promotion de la santé, tels la santé scolaire, la PMI, la santé au travail ou les services de prévention intégrés dans les centres de santé. Acteurs clés de la prévention dans les territoires, et auprès des populations, partenaires de la médecine de ville et hospitalières, leur survie est menacée. Pourtant, par leur expertise et leur pratique, ils sont appelés à être parties prenantes de tous les programmes nationaux de prévention et de leurs déclinaisons territoriales. Ils doivent ainsi intégrer les CPTS[2] et les DAC[3]. ➜ Aussi, de nouveaux moyens humains et financiers conséquents devront leur être accordés pour qu’ils puissent remplir toutes leurs missions et contribuer au succès du virage préventif qu’ils appellent de leurs vœux.
2/ Rétablir l’attractivité professionnelle et financière pour la médecine de prévention et de santé publique, médecins mais aussi puéricultrices, infirmières, sages-femmes,… ➜ Un choc d’attractivité est impératif et urgent !
- Pour stopper la fuite des professionnels de santé des services de prévention et de promotion de santé, il doit se traduire dans un premier temps par la transposition immédiate des dispositions du Ségur accordées à l’hôpital, la revalorisation des carrières et l’attribution du CTI, à toutes les catégories de professionnels de santé exerçant dans les services de santé publique et de prévention, et dans les centres de santé publics.
- Dans un deuxième temps, l’UCMSF demande la création d’un nouveau statut de médecin de prévention et de santé publique, commun aux médecins de PMI, de santé scolaire, inspecteurs de santé publique et de centres de santé publics, qui puisse répondre aux attentes des professionnels de santé en termes de rémunération, de carrière et de formation, ouvrant notamment des passerelles entre les différents exercices, le soin et la prévention, en santé scolaire, en PMI et en centre de santé public mais aussi avec l’hôpital.
L’UCMSF demande à Monsieur Braun et à Madame Firmin Le Bodo la poursuite des discussions autour de ses propositions. Elle est dans l’attente d’actes forts qui redonnent des perspectives aux acteurs de la médecine de prévention et de santé publique, acteurs qui seront indispensables à la mise en œuvre d’une politique de santé publique et de prévention efficace et indispensable dans la lutte contre les inégalités de santé.
[1] https://presse.inserm.fr/augmentation-du-taux-de-mortalite-infantile-en-france-depuis-2012/44892/
[2] Communauté Professionnelle Territoriale de Santé
[3] Dispositifs d’Appui à la Coordination